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Conclure un accord en 12 diapositives : ce que les investisseurs en capital-risque veulent vraiment voir dans votre argumentaire d’amorçage

Dans ce blog, nous démontons la science qui sous-tend l’élaboration d’un dossier de présentation de pré-amorçage réussi et les sections qui font la différence.

Si vous êtes un fondateur en phase d’amorçage prêt à soulever l’enthousiasme des investisseurs potentiels pour votre produit, commencez par soigner votre argumentaire. Composer une présentation simple et réfléchie vous permettra non seulement d’attirer rapidement l’attention des investisseurs en capital‑risque, mais également de les convaincre de miser sur votre entreprise.

Dans ce blog, nous expliquons à quoi ressemble un argumentaire d’amorçage réussi, le temps passé par les investisseurs en capital‑risque sur chaque section et les informations précises que les investisseurs veulent voir.

Quel est l’objectif d’un argumentaire d’amorçage ?

Les fondateurs utilisent les présentations d’amorçage pour que les investisseurs potentiels s’intéressent à leur produit et à son potentiel commercial, et s’en servent finalement comme d’un outil pour lever des fonds. Les fondateurs en phase d’amorçage structurent leurs argumentaires de façon à raconter une histoire convaincante que les investisseurs en capital‑risque peuvent comprendre rapidement.

Combien de temps les investisseurs consacrent‑ils à la lecture des argumentaires d’amorçage ?

Nous constatons que les investisseurs en capital‑risque consacrent en moyenne trois minutes et vingt secondes à consulter les argumentaires d’amorçage. Avec moins de quatre minutes pour capter leur intérêt, les fondateurs en phase d’amorçage doivent attirer leur attention dès le début de l’argumentaire pour qu’ils aillent jusqu’au bout.

données sur les argumentaires de levée de fonds pour les start‑up en phase d’amorçage

À quoi ressemble un argumentaire d’amorçage réussi ?

Même si chaque argumentaire est unique à sa manière, tous suivent une structure homogène conçue pour attirer rapidement l’attention des investisseurs en capital‑risque. Le respect de ces directives claires en matière de format, de contenu et d’ordre des diapositives permet aux fondateurs de raconter une histoire convaincante qui suscite l’intérêt des sociétés de capital‑risque et les aide à lever des fonds.

Quelles sont les sections à inclure dans un argumentaire d’amorçage ?

Nous avons constaté qu’un argumentaire de 19 à 20 pages comprenant les sections suivantes est la meilleure façon d’attirer l’attention des investisseurs :

ordre des diapositives des argumentaires d’amorçage
N’oubliez pas que l’ordre des diapositives compte. Même si la plupart des argumentaires d’amorçage que nous consultons ont tendance à suivre une structure similaire, les fondateurs qui ouvrent leur présentation en suivant les quatre premières sections ci‑dessus ont plus de chances de lever des fonds que les autres.

Ci-dessous, nous décomposons chacune de ces sections, expliquons leurs objectifs et partageons des conseils et ce qu’il faut éviter pour inclure les détails décisifs que les sociétés de capital‑risque veulent voir impérativement.

Section 1 : Mission de l’entreprise

Cette première diapositive de votre argumentaire d’amorçage doit clairement énoncer l’objectif de votre entreprise en une seule phrase.

Conseil : énoncez cette phrase devant d’autres personnes. Quels sont les mots qui captent le plus leur attention ? Tout aussi important, est‑ce qu’elle a du sens ? Votre déclaration d’intention doit être à la fois captivante et directe. Si ce n’est pas le cas, recommencez jusqu’à trouver la bonne formulation.

À éviter : ne complexifiez pas trop les choses. Les investisseurs en capital‑risque n’ont ni le temps ni l’envie de décrypter des énoncés compliqués ou vagues. Formulez l’objectif de votre entreprise dans des termes simples, succincts et marquants.

  • Longueur de la section visée : 1 page
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,3 page
    • Temps passé par les investisseurs : 26 secondes

Section 2 : Problème

La section expliquant le problème vient immédiatement après l’objectif de votre entreprise. Cette diapositive expose de manière générale le problème que votre entreprise s’attache à résoudre.

Conseil : faites en sorte que le problème soit compréhensible pour les personnes qui travaillent dans votre secteur d’activité et en dehors. En règle générale, si vos amis ou proches ne parviennent pas à comprendre le problème que traite votre entreprise, il est fort probable qu’un investisseur ne le comprenne pas non plus.

À éviter : ne complexifiez pas trop les choses (encore une fois !). Définissez le problème de manière générale en utilisant des mots simples que tout le monde peut comprendre. Si un investisseur ne saisit pas le problème, il ne verra pas l’intérêt d’investir dans votre solution.

  • Longueur de la section visée : 1 à 2 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 2,15 pages
    • Temps passé par les investisseurs : 34 secondes

Section 3 : Solution

Considérez la section portant sur la solution comme un complément à l’énoncé du problème. Décrivez clairement et dans les grandes lignes la manière dont vous résolvez le problème défini précédemment.

Conseil : expliquez pourquoi votre solution ne ressemble à aucune autre sur le marché. Exposez en quoi votre stratégie est à la fois créative et mieux à même de résoudre le problème. Les investisseurs veulent savoir en quoi votre produit ou service est différent des autres.

À éviter : ne vous engouffrez pas dans les détails techniques à ce stade. Vous approfondirez le sujet plus tard. Il s’agit ici de rester centré sur le problème en énonçant une solution claire et facile à comprendre.

  • Longueur de la section visée : 1 à 2 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,5 page
    • Temps passé par les investisseurs : 34 secondes

Section 4 : taille du marché

Dans cette quatrième section de l’argumentaire, vos diapositives sur la taille du marché doivent définir votre clientèle cible à l’aide d’une analyse de marché complète.

Conseil : optimisez cette section en partageant l’étude de marché complète sur les conditions actuelles du marché et du potentiel de croissance à venir (TAM, SAM, SOM). Les investisseurs en capital‑risque s’intéressent au long terme comme au court terme. Montrez‑leur le retour sur investissement qu’ils pourront retirer au cours des deux premières années, et donnez‑leur une vision des opportunités à long terme.

À éviter : n’oubliez pas de relier cette section aux trois premières. Les sections relatives à l’objectif, au problème, à la solution et à la taille du marché doivent constituer une histoire cohérente et convaincante qui incite les investisseurs à poursuivre leur lecture.

  • Longueur de la section visée : 1 à 3 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,7 page
    • Temps passé par les investisseurs : 29 secondes

Section 5 : pourquoi maintenant ?

Cette section, qui est facultative pour les phases de pré‑amorçage et d’amorçage, vous donne l’occasion de souligner l’urgence du problème et de votre solution sur le marché.

Conseil : examinez les conditions du marché qui permettent de donner vie à votre entreprise. Le problème ou l’opportunité est‑il unique d’une manière ou d’une autre ? Parmi les exemples les plus courants, citons la justice sociale, la pandémie de COVID‑19 et le changement climatique.

À éviter : ne cherchez pas à inclure cette diapositive à tout prix si votre problème n’a pas de dimension temporelle particulière. Même si cette section peut fournir des renseignements utiles sur l’urgence du marché, elle n’est pas nécessaire pour tous les fondateurs en phase d’amorçage.

  • Longueur de la section visée : 1 page
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,5 page
    • Temps passé par les investisseurs : 23 secondes

Section 6 : produit

La section sur le produit souligne les fonctionnalités uniques que vous avez conçues pour résoudre le problème.

Conseil : détaillez ici la préparation du produit. En trois à cinq diapositives, expliquez les fonctionnalités les plus importantes de votre produit à l’aide de captures d’écran, de vidéos intégrées et/ou de maquettes Figma.

À éviter : ne soulignez pas l’importance de cette section pour les investisseurs potentiels. La section sur le produit est l’une des plus scrutées de votre argumentaire. Profitez de cette opportunité pour montrer aux investisseurs à quoi ressemblera exactement l’expérience du produit.

  • Longueur de la section visée : 3 à 5 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,3 page
    • Temps passé par les investisseurs : 59 secondes

Section 7 : concurrence

La section consacrée à la concurrence doit indiquer clairement qui sont vos concurrents dans le secteur concerné et pourquoi votre produit est différent des leurs.

Conseil : concentrez‑vous sur les entreprises et les produits qui sont en concurrence directe avec vous. Mentionnez des entreprises qui sont à des stades similaires au vôtre ou celles qui sont parvenues à lever des fonds récemment. Généralement, des matrices de comparaison accompagnées de descriptions sont appréciées dans ces sections.

À éviter : ne vous attaquez pas aux grands acteurs du secteur. Montrez aux investisseurs en capital‑risque qui sont vos véritables concurrents sur le marché tout en expliquant le caractère unique de votre solution.

  • Longueur de la section visée : 1 page
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,3 page
    • Temps passé par les investisseurs : 34 secondes

Section 8 : attractivité

Cette section doit détailler l’attractivité selon la phase de votre produit. Les clients actuels, les citations et les témoignages sont autant d’éléments d’attractivité.

Conseil : indiquez plusieurs facteurs d’attractivité notables du marché. Nous avons constaté que les sociétés de capital‑risque consacrent 80 % de temps en plus à l’évaluation de l’attractivité des entreprises qui n’ont pas réussi à lever des fonds. Si l’attractivité de votre marché ne saute pas aux yeux des investisseurs, ils peuvent devenir sceptiques et mener une inspection plus poussée qui risque de vous être défavorable.

À éviter : ne vous inquiétez pas de ne pas avoir assez d’éléments à exposer. Les investisseurs tiendront compte du stade auquel se trouve votre produit. Vous pouvez inclure des lettres d’intention, des témoignages, un pipeline commercial et des commentaires sur la version bêta, selon l’état d’avancement de votre produit.

  • Longueur de la section visée : 1 à 4 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 2,3 pages
    • Temps passé par les investisseurs ici : 40 secondes

Section 9 : équipe

Cette section présente les membres de l’équipe fondatrice et explique pourquoi ils sont les mieux placés pour vous aider à résoudre le problème.

Conseil : expliquez pourquoi ces personnes sont les mieux placées pour résoudre le problème. Appuyez‑vous sur les photos de leurs profils LinkedIn, leurs biographies et leur expérience professionnelle pour montrer leurs antécédents et compétences. N’oubliez pas : les investisseurs en capital‑risque s’intéressent autant aux personnes qu’aux idées.

À éviter : n’utilisez pas plus de deux pages pour cette section. Ce sera de toute façon l’une des sections les plus détaillées et les plus prolixes, alors évitez d’en rajouter.

  • Longueur de la section visée : 1 à 2 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,5 page
    • Temps passé par les investisseurs ici : 38 secondes

Section 10 : modèle économique

La section sur le modèle économique présente une stratégie de monétisation claire, compréhensible et reproductible dans le temps.

Conseil : montrez aux investisseurs que vous bâtissez une entreprise à part entière. C’est cette section que les sociétés de capital‑risque regardent le plus longuement. Expliquez comment vous allez gagner de l’argent et à quoi ressemble votre modèle économique.

À éviter : ne laissez pas le sujet en suspens. Élaborez votre modèle économique et vos plans de monétisation en même temps que votre stratégie produit afin de les harmoniser dès le départ.

  • Longueur de la section visée : 2 à 3 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 2,8 pages
    • Temps passé par les investisseurs : 64 secondes

Section 11 : finances

Autre section facultative, la section relative aux finances décrit l’historique des dépenses stratégiques de votre entreprise ou son taux d’absorption.

Conseil : incluez cette diapositive si vous êtes à même de montrer comment vos dépenses ont généré des retours positifs. Cette section a été la sixième en termes de durée de visionnage parmi les argumentaires concernés. Si vous avez un historique de dépenses positif à présenter, les sociétés de capital‑risque veulent le voir.

À éviter : n’ignorez pas cette section sans vous poser au préalable les questions suivantes. Comment avez‑vous utilisé les financements précédents ? À quoi avez‑vous consacré l’argent ? En quoi ces investissements ont‑ils contribué aux résultats visés par votre entreprise ?

  • Longueur de la section visée : 1 à 2 pages
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,3 page
    • Temps passé par les investisseurs ici : 37 secondes

Section 12 : Demande de financement

La demande de financement constitue la dernière section de votre argumentaire. Elle indique la somme que vous voulez lever ainsi que la façon dont vous envisagez de la dépenser.

Conseil : réfléchissez bien à la manière dont vous allez dépenser l’argent. Par exemple, allez‑vous embaucher davantage de personnel ou investir dans la recherche et le développement ? Vous écrivez le prochain chapitre de votre entreprise et votre demande de financement aura un impact direct sur son développement.

À éviter : ne choisissez pas un montant arbitraire. Indiquez la somme exacte dont vous avez besoin et préparez‑vous à défendre la façon dont vous envisagez d’utiliser cet argent.

  • Longueur de la section visée : 1 page
  • Moyennes du secteur :
    • Longueur moyenne : 1,2 page
    • Temps passé par les investisseurs : 32 secondes

Laissez une impression durable grâce à un argumentaire réfléchi

Attirer l’attention des investisseurs potentiels n’a jamais été aussi difficile, c’est pourquoi élaborer un argumentaire convaincant est un enjeu crucial pour les fondateurs en phase d’amorçage. Avec un argumentaire bien pensé et structuré, les investisseurs peuvent se rendre compte de tout ce que vous avez fait pour faire prospérer votre entreprise et cela peut les inciter à investir.